|
article rédigé par Pix
Les amplis, plus en details
Histoire d’étages
Pré-ampli
C’est le prémier étage de l’amplification, avec en entrée le signal qui sort du jack et en sortie un signal un chouilla plus péchu. Ce signal est filtré et sculpté grâce aux contrôles de tonalité, la reverb, et le gain. Oui, c’est à ce niveau-là que la "disto" est produite.
Ampli de puissance (Power amp)
C’est le second étage de l’amplification, avec en entrée le signal provenant du pré-amp et en sortie un signal à l’amplitude très élevée. Suffisament élevée pour faire vibrer des membranes de haut-parleurs, c’est dire ! A ma connaissance, je ne connais aucun ampli qui permette de régler les Bass / Medium / Treeble à ce niveau-là. Le son est uniquement amplifié, sans frou-frou.
Mais pourquoi ne pas avoir integré l’ampli de puissance au pré-ampli, puisqu’il ne se passe rien d’extraordinaire à ce niveau ? La question est légitime... oubliez-vous la possibilite d’insérér des effets "après" le pré-amp, dans la boucle d’effets prévu à cet ... effet ? Placer ses pédales à ce niveau peut produire un son différent, quelquefois plus satisfaisant, d’autrès fois trop bizarre pour être agréable. Delay, Reverb et Wah "peuvent" mieux rendre en étant branchés dans cette boucle.
Cabinet / Haut-parleur (Enclosure / Speaker)
C’est le troisième étage, qui n’est plus de l’amplification à vrai dire mais plutôt de la "projection". Le cabinet a pour but de soutenir les haut-parleurs (qui sont LOURDS, à cause des aimants principalement). Il existe les cabinets ouverts (sans panneau arrière), fermés (soit l’inverse, le dos du cabinet est fermé par un panneau, produisant un boost dans les graves), droits (les membranes des haut-parleurs sont parallèles entre elles) ou inclinés (dans le cas de 4 hauts-parleurs, les deux du bas seront "droits", les deux du haut seront inclinés vers le haut, afin de maximiser la diffusion sonore). Le cabinet lui-même doit être rigide afin d’éviter que le signal électrique fasse bouger les panneaux plutôt que les haut-parleurs.
Quant aux haut-parleurs, il existe tout un monde de marques. Les principales caractèristiques : rigidité, sensibilité, diamêtre. Plus le HP est rigide, plus il reproduit fidèlement le son et fournira des basses precises. Plus il est sensible, plus le niveau sonore sera élevé. Plus le HP est large, plus les basses seront grâves et rondes (mais avec un risque possible de perdre de la présence dans les mediums-aîgus). Ensuite, le nombre de HP dans le cabinet (1, 2 ou 4) jouera sur la "diffusion". C’est l’impression que le son envellope chaque cm3 dans la piece.
Types d’amplis
Il existe dans le monde de l’amplification deux grands empires (et une multitude de petites principautés au milieu), chacun proposant une technologie, des prix, des défauts et des qualités qui leur sont propres. D’une manière générale, il convient de garder les oreilles grandes ouvertes et de choisir un ampli pour les sensations qu’il rajoute au jeu. Mais, et c’est la le sujet de ce qui suit, il est toujours intéressant de comprendre (très vaguement) les entrailles de ces bètes.
Un ampli recupère un signal électrique de faible amplitude, lui injecte des watts et balance la sauce au travers de haut-parleurs. C’est un boulot assez bourrin vu comme ça. Alors qu’est-ce qui change entre un ampli à transistors et un ampli à lampes ?
Les amplis à transistors (Solid-state amplifier)
Le transistor est un petit composant magique qui va pomper des ampères du cote "secteur" et amplifier le signal d’une manière logique et implacable. "Un transistor amplifie des variations de courant, c’est à dire qu’une petite variation de courant appliquée sur la base entraîne une grande variation de courant dans le collecteur" (cf. http://www.ifrance.com/tubesaudio).
Les sons clairs sont ainsi froids, brutes. Ils ne sont pas purs pour autant, car il existe une legère distorsion inhérente aux transistors, mais c’est tout de même le domaine dans lequel ces amplis sont le plus à l’aise.
La distorsion sera obtenue en saturant le transistor, résultant en un signal très carré. Car oui, c’est ça la distorsion : le signal ne ressemble plus à des vagues rondelettes, mais à des briques. Dans le cas du transistor, ces briques ont les bords à angles droits. Qui plus est, ce genre de saturation produit des harmoniques "paires", moins agréables à l’oreille que les harmoniques impaires.
Cependant ces distorsions sont reconnues pour être agressives, synthétiques. Ce qui pourra correspondre à certains types de jeu.
Ces amplificateurs sont robustes et ne nécessitent aucun temps de chauffe. Ils pourront servir des années sans que l’on est à changer un composant (à moins d’une panne).
Les amplis à lampes (Tupe amplifier)
Dans un ampli à lampes, il y a ... des lampes ! On pourrait croire ce n’est qu’un mot, et qu’il n’y a en aucun cas des ampoules dans un ampli... mais ça serait faire fi de l’ingénieuse incongruité de la chose. Il y a bien des lampes, qui brillent un peu, avec un filament, et qui ressemblent autant à des ampoules classiques qu’un char leclerc ressemble a une volvo des annees 60 (y’a un petit air de ressemblance). En effet, ces lampes ne sont pas conçues pour éclairer mais pour amplifier un signal électrique ! On doit cette découverte à Lee De Forest, en 1907, qui arriva bien avant le transistor (1947).
“Un tube électronique amplifie des variations de tensions, c’est à dire qu’une petite variation de tension appliquée sur la grille entraîne une variation de courant plaque et donc de tension” (cf. http://www.ifrance.com/tubesaudio).
L’adjectif ultra-utilisé pour définir le son d’une lampe est chaud, mais en repartant sur des bases plus physiques on remarque que la lampe n’amplifie pas de la même manière que le transistor. Tout d’abord, il faut bien comprendre que l’amplification n’est jamais “neutre” : le signal est amplifié sur certaines fréquences plus que d’autres. Et comble de la chance, dans le cas des lampes, cette irregulatité dans l’amplification suit presque parfaitement l’irregularité de l’oreille humaine quand il s’agit d’écouter. Vous suivez ? L’oreille humaine est plus sensible à certaines fréquences, et par chance (ou fruit de la recherche ?), ce sont ces fréquences-ci qui sont boostées par les lampes. La lampe simule un son humain, doux, et ... chaud. On en revient toujours au même point. Bref, ça sonne !
Concrètement, qu’est-ce-que ça amène ? Pour vos voisins, des crises de nerfs certainement. Pour vous, des sons clairs “parfaitement” clairs. En effet, une lampe en zone nominale amplifie les signaux de faible amplitude sans distorsion. Au contraire, pour un même son d’entrée, un transistor introduira une distorsion (de croisement). Il est possible que les lampes du pré-amp saturent legèrement si le signal d’entrée est trop fort, bien qu’on soit toujours sur le canal “Clean”. Je ne crois pas qu’il y est beaucoup d’amplis fonctionnant de cette manière, mais il est possible d’atteindre cet état en boostant le signal d’entrée (pedale de boost entre la guitare et l’ampli). C’est une saturation très douce et harmonieuse, ou la guitare chante quand le signal devient trop fort. Il y a une discontinuité dans le son au moment ou les lampes du pré-amp saturent.
Le clair, le clair, ça va un moment... mais nous, on fait du néo-métal ! Alors comment marche la distortion sur un ampli à lampes ? Quand on tourne le potard de gain, on augmente le niveau d’entrée du signal vers une lampe particuliére dans l’étage de pré-amplification (qui ne sert qu’a ça d’ailleurs).La saturation d’une lampes produit des harmoniques impaires, plus douces à l’oreille. Les briques à bords carrés pour les transistors restent toujours des briques, mais à bords arrondis. D’ailleurs, pour faire mieux, à la place de briques, vous pouvez dire créneaux... Pour information, c’est le préampli qui sature quand vous poussez le gain, et pas l’ampli de puissance. Les amplis proposent chacun des configurations particulières, et en particulier le type de lampes utilisées ainsi que le nombre d’étage de gain. Cela permet d’avoir une disto typée Blues ou bien typée Metal, avec bien evidemment plein de nuances. C’est ainsi que chaque marque (ou modele) aura son « grain » particulier. Par exemple un Marhsall et un Mesa Boogie sont l’un et l’autre à des extrémités de la palette des saturations, en particulier á cause de ces deux caractèristiques (nombre d’étages de gain + type de lampes). Beaucoup d’autres paramêtres rentrent en jeu, mais c’est à ce moment-la que moi, j’en sors... (du jeu), ça devient trop pointu !
Le miracle des lampes ne s’arrète pas la. On a vu les sons clairs et les sons saturés au niveau du pré-ampli. Qu’est-ce-qu’il reste ? Allez, un effort... Voilà... Faire saturer l’ampli de puissance ! En poussant le volume "Master", c’est-à-dire en laissant passer beaucoup du signal des tubes du pré-amp vers les tubes de puissance, on obtient (au même titre que les lampes du pré-amp) une distortion du signal. Cette fois-ci, ce sont les tubes de puissance qui saturent, et l’effet sur le son est magique. Là aussi, on sent la guitare qui se met à chanter (ou pleurer) lors des attaques trop fortes, et il y a la possibilité de faire des arpèges limpides (en attaquand doucement les cordes) puis sans toucher à aucun réglage, de faire des solo bluesy à souhait. C’est CE son-la qui rend dingue la plupart des gratteurs.
Dans le temps, et toujours sur certains amplis "vintage", il n’existait pas de master. Le volume global se reglait au niveau du pré-amp, avec comme inconvenient un volume sonore assez monstrueux des lors qu’un son distordu etait recherché !
Voici un schema d’un Peavey Classic 50W qui, comme son nom l’indique, est un ampli à lampes très standard.

schema logique d’un peavey classic 50
|
Canal clair :
Guitare ---> Tube 1 (Pré-amp) ---> Level (= résistance) ---> Tube 2 (Pré-amp) ---> Controles de tonalite ---> Master (= résistance) ---> Tubes (Power-amp)
Canal lead :
Guitare ---> Tube 1 (Pré-amp) ---> Pré (= résistance) ---> Tube 3 (Pré-amp) ---> Post (= résistance) ---> Tube 2 (Pré-amp) ---> Controles de tonalite ---> Master (= résistance) ---> Tubes (Power-amp)
Le canal lead rajoute une lampe dans la chaine, qui est celle qui viendra saturer le signal. Level, Master, Pré et Post ne sont que des résistances, qui servent à diminuer l’amplitude du signal. En jouant sur ces résistances, on joue sur les taux de saturation de chaque lampes.
La reverb intervient juste avant le Tube 2.
L’utilisation d’un ampli à lampes est plus contraignante que celle d’un ampli à transistors. Il faut en effet attendre quelques minutes que les lampes soit chaudes avant d’obtenir un son correct, et les lampes ont une durée de vie limitée. Avec une utilisation modérée, les tubes du pré-amp sont à changer tous les 2 à 5 ans, et les tubes de puissance, tous les 5 à 10 ans. Le son perd de sa peche et de sa clarté. Le prix d’un jeu de lampes n’est pas négligeable : 1 lampe de haute-qualité = 20€, soit 3 lampes de pré-ampli + 4 lampes de puissance à (approx.) 140€.
Les amplis hybrides
Maintenant que les deux grandes technologies ont été abordées il sera facile de comprendre l’ampli hybride. Le pré-ampli ne sera plus piloté par un transistor mais par une lampe, car l’on a vu que le point faible d’un ampli à transistors est la distortion. Ici pas de problème, la distortion viendra de cette lampe. En clair aussi, elle interviendra dans l’amplification dans le stage de pre-amplification.
Les avis sont consistants pour dire que c’est une arnaque fabuleuse et que quitte à faire un ampli hybride, il vaudrait mieux inverser les rôles : faire un préampli à transistors et un ampli de puissance à lampes. C’est de cette manière que la "tubularité" du son serait la mieux conservée.
Les amplis à modélisations
On retrouve la technologie des transistors... mais pilotée par un processeur ! C’est ce processeur qui va inculquer à ce bougre de transistor comment amplifier un signal de la même manière qu’une lampe. Il faut bien avouer que les sons reproduits se rapprochent magnifiquement de la réalité, et cela sans avoir besoin de pousser le volume jusqu’à en decoller le papier peint ! A très faible volume, vous pourrez avoir “à peu près” le même son qu’un marshall 100W de ’67 à bloc, à travers un 4x12 de celestion V30. A une difference de volume près !
Le second intérêt réside dans les connectiques : il est enfantin de s’enregistrer sur un PC.
Le troisième intérêt réside dans l’utilisation en live : au lieu de trimbaler 100 kilos de matos à chaque concert, ici un simple ampli combo (ou juste l’ "ampli" pur, c-à-d un Pod ou un V-Amp2) connecté directement dans la sono (pas besoin de micros !) suffit amplement. Le son de la guitare en live sera completement gérable et pourra ressortir facilement du mix.
Alors, quel inconvenient ? En toute franchise, et au risque de paraitre snobinard, le son modelisé n’est pas identique à un son à lampes. Le principal défaut se trouve être dans la dynamique, c’est à dire la rapidité de l’ampli à amplifier / processer le son. C’est négligeable pour certains d’entre nous, indispensable pour d’autres... Un autre defaut est sa qualité à réagir au son d’entrée. Nous avons vu qu’un ampli à lampes peut saturer simplement sur un simple claquement de mediator. Dans un ampli à modelisation, cette particularité est moins frappante, moins “organique”. C’est donc TRÈS subjectif, surtout au vu de la difference de prix entre un ampli à modelisation et un ampli à lampes...
C’est ainsi que s’achève notre description des différents types d’ampli. Maintenant, quelques questions diverses :
C’est quoi une tête d’ampli ?
C’est un pré-ampli + un ampli de puissance, compactés dans une « valise », avec tous les réglages et connectiques sur le devant ou le derrière. (oui, une tête d’ampli, c’est comme un adolescent.. y’a des boutons partout, même sur le derrière !). En géneral cette tête sera posée sur un cabinet, et connectée à celui-ci à l’aide de cables. Au contraire d’un combo, qui lui est un ampli « classique », tout en un, avec le cabinet integré. L’intérêt de la tête est de pouvoir la connecter au cabinet de son choix, et de ne pas être trop remuée par les vibrations du HP. Par ailleurs la ventilation est plus aisée, les lampes chauffent donc moins (peut-être pour ça que les têtes ont des puissances plus élevées que les combos ?). Finalement, c’est plus facile de porter un cabinet + une tête.
C’est quoi un rack ?
Un rack est censé se monter dans une armoire. On peut trouver des pré-amplis, des amplis de puissances, des effets, des multi-effets, des equalizers, etc. Imaginez un pre-ampli, qui envoit son signal dans un multi-effet stéréo, puis dans deux amplis de puissance, chacun balançant la sauce dans un cabinet différent. On obtient un son stéréo ! Il existe des dizaines de configuration possibles, voire utiliser des pré-amplis différents, chacun avec un grain particulier. Le mot-clé est « modulable ». Par contre, ca manque de charme et l’utilisation en live n’est pas très aisée. A moins d’avoir ses presets, ses programmes, etc. Il faut passer quelquefois plus de temps à configurer un rack plutôt que de jouer. Cela dit, les sons sont à couper le souffle et beaucoup de pros enregistrent via des racks.
De quoi j’ai besoin ?
En utilisation domestique : < 5W lampes, ou 30W transistors sont nécessaires
Pour jouer en groupe, dans un local, ou sur les petites scènes : 15 à 30W lampes, ou 60 à 100W transistors.
Pour faire des scènes plus consistantes, SANS être repiqué par une sono : 50 à 100W lampes ( !), ou > 150 / 300W en transistors. Mais il est recommandé de se faire repiquer par une sono, pour éviter de devenir sourd et s’assurer d’une bonne diffusion du son dans l’ensemble de la salle.
J’espère que cette introduction aux amplis vous aura permis d’apprendre certaines choses, et si vous remarquez des bétises, laissez-le-moi savoir. J’ai fait du mieux que j’ai pu pour me documenter, mais l’erreur est largement possible. Et me connaissant, je me fais confiance pour ça !
|